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Les peuples s'arcoboutent


Au pays du Gazon et du Trèfle réunis,
Les moutons et les bœufs avaient dit non au oui.
Au pays des Pâtures, Virus* l'avait profond
Et voulait les gazer à grands coups de Zyklon.

Puis les faire revoter, mais en bourrant les urnes
Et en les menaçant de leur couper les burnes,
Les bannir à jamais et toujours à l'errance
Pour n'avoir pas voulu la libre concurrence.

Les moutons des Pâtures, volés de leur victoire
Par Virus, condamné aux poubelles de l'Histoire,
Ne tenaient plus de joie et embrassaient les ânes
Ou les bœufs qui rotaient leur goulée de méthane.

Car l'Euromembrement, personne n'en voulait plus
À part quelques barbons et députés élus
Mais qui ne lisaient pas les textes qu'ils votaient
Écrits par des lobbies et qui les arrosaient.

Car l'Euromembrement, c'était une sinécure,
Rente de situation au pays des Pâtures
Pour qui savait toucher les primes et subventions
Qui venaient s'ajouter aux salaires et pensions.

C'était une entreprise où l'appropriation
Du travail collectif ou bien la spoliation
Érigées en principes valaient qu'on justifie
Que le non ne vaudrait que s'il voulait dire oui.

Toute autre appréciation serait inacceptable
Et voudrait que les peuples soient déclarés coupables
D'ignorance, balourdise, ânerie et sottise
Pour justifier qu'il faille qu'on les infantilise.

Quand leurs élus seraient, par la grâce des Urnes,
Élevés en esprit en chaussant leurs cothurnes,
Seuls à même capables de prendre la décision
De ce qui convient aux peuples ou aux nations.

Recouverts de goudron, de sanies et de plumes,
Ces élus demeuraient plus sourds que des enclumes,
Répétant à l'envi qu'ils ne feraient pas cas
Du vote qui leur mettait le nez dans leur caca.

Que la démocratie en sortirait grandie
En opposant au peuple un superbe déni,
Les molaires de ses chiens plantées au bas du dos
Et aux bêtes souffrantes, rien de tel qu'un veto.

14 juin 2008 / «® / ©»



* Virus est l'actuel président des Pâtures.