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Comment trouvez-vous donc ma prairie d'herbes grasses Dans lesquelles se faufile un tunnel qui m'emporte Jusqu'à une dépression dans laquelle j'entrelace Des herbes qui sécheront sitôt qu'elles seront mortes ? J'y creuserai une coupe ajustée à ma taille Et garnie de duvets. Je passe sur les détails… Car vous les connaissez… Les petits dans les œufs Qu'il faudra élever et surtout rendre heureux… Dans les couches de l'air que l'on traverse en trombe Ou sur les eaux mouillées que l'on fréquente en nombre, En troupes homogènes, car nous sommes sociables Ou parmi les canards pour partager la table. Pour en arriver là, il faut nous marier Au terme de pariades que vous reconnaîtrez Puisqu'elles ressemblent à celles des autres anatidés. Nous sommes les plus vives, promptes à nous envoler, Nous poursuivre dans le ciel dans un concert bruyant De cris de crécerelles, en vol tourbillonnant. Car de tous les canards, je suis le plus petit, Mais au vol, avouez-le, le plus adroit aussi ! Je décolle, verticale, sans faire le moindre bruit, Dans l'instant, je crochète, fais une acrobatie qui, De la pesanteur accélère le J Et vide le cerveau de toutes ses hématies. Mais je suis entraînée et sans le moindre ennui, D'une vive ressource, je me suis rétablie. Je file au ras de l'eau où je suis réfléchie, À très grande vitesse, brusquement aquarris. Puis dans les grandes herbes, je cache mes blancs sourcils, À l'abri des regards. Je n'aime pas qu'on m'épie. Pourtant je ne suis pas aussi farouche qu'on dit. Je serais imprudente, peu consciente qu'un ennemi Se cache dans tout homme quand il porte un fusil. J'aurai beau plonger vite au profond des fouillis Des plantes aquatiques qui forment un tapis Au fond de mon étang. __________________Je joue souvent ma vie.
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