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J'adore la boîte aux lettres solidement fixée Sur un poteau crépi et toujours réchauffé, Car le soleil l'éclaire par ses quatre côtés Quelle que soit la saison ou l'heure de la journée. Bien qu'étant très petite, je n'ai pas peur de vous. Quand vous me regardez, vous faites le curieux… Je me redresse un peu et roule aussi des yeux Pour mieux apprécier s'il y a du bon en vous. Vous pouvez préciser que j'ai deux yeux mobiles, Que c'est un cas unique parmi les araignées, Que seules les salticides en seraient équipées. Le hasard a voulu que ce soit bien utile. Ça nous sert à viser, comme le télémètre, La distance qui sépare de la proie convoitée Sur laquelle je saute d'au moins dix centimètres Et sitôt, j'envenime pour mieux la maîtriser. Mon venin est puissant. Vous le savez aussi. Je mords votre doigt quand vous l'approchez trop près, Bien trop près à mon goût, au point de me toucher… Alors pendant des heures, vous avez des fourmis… C'est ainsi que l'on dit quand toute sensation Quitte un membre soudain gourd faute de circulation. Si j'avais pu vous mordre autre chose que la peau… Si les Dieux avaient fait mon corps un peu plus gros… Je vous aurais vidé, sucerai le facteur Quand il vient déposer le courrier vers onze heures, La chienne du voisin qui ne fait qu'aboyer… Je régnerai en maître sur tout votre quartier !
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