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Garde toi des salauds, surtout en république...


Un bœuf, un vrai de vrai, depuis toujours à gauche,
S'adressant aux rainettes qui vivent dans les bauches :

" Je vous sens toutes gonflées à l'instar des grenouilles…
Partout sur les Pâtures, tout s'en va en quenouille.
Le parti socialiste, auquel vous avez cru,
Ne compte que des sots, des fats, des m'as-tu-vu.
Sans autre but, jamais, que soigner leur ego,
Se battre constamment du bec et des ergots,
Devenir le seul chef d'un parti moribond,
Flatter grossièrement en prenant pour des cons
Les peuples, les prolétaires qui l'auront dans le cul
Sitôt, comme président, qu'ils l'auront bien élu.
Vers tous les ploutocrates, se tourner illico
Pour espérer toucher mieux que des haricots.
"

" Il n'y aura de gauche que révolutionnaire.
Quand elle s'accommode du monde des affaires,
Elle n'est que félonie ou haute trahison
Au service des riches, au service du pognon
Qui tiennent en servitude les peuples extatiques
Face à tant de roueries, de ruses ploutocratiques.
"

" Garder une clientèle à grands coups de promesse
Convient aux affairistes qui savent qu'une messe
Saura anesthésier le peuple illusionné
Qui ne saura jamais qu'on l'aura bien berné.
D'abord en tuant dans l'œuf toute contestation
Puisque la gauche se pare d'être l'opposition…
Maintenir l'illusion d'un dualisme politique,
Mais céder en tout point qu'impose l'économique…
La société bourgeoise n'existe, en temps normal,
Que si tous les acteurs protègent son capital.
"

" La gauche se fait complice de l'État qui agresse
En faisant croire encore que les choses progressent.
Qu'elle laisse sans broncher le travail, la santé,
L'école, la famille et toute la société,
Être foulés aux pieds. Qu'elle offre des alibis
Aux mensonges des bourgeois et à l'ordre établi,
Jusqu'au moment propice, avant les élections
Où elle change de discours, de manipulation
Promettant l'impossible et même de changer
Le système pour lequel elle veut nous voir couchés.
"

" La gauche d'aujourd'hui n'est rien qu'une imposture
Qui ment, trompe et trahit les peuples des Pâtures.
Elle couche et baise avec l'État capitaliste.
Elle rêve d'appartenir aux cercles oligarchistes.
Elle n'attend de Virus* qu'un geste bienveillant
Et, dès lors, saura bien faire taire tous les manants.
"

" Il n'y aura de gauche que révolutionnaire
Opposant à la droite, les luttes ouvrières,
La valeur du travail aux fruits du capital,
Changeant la société de façon radicale.
"

" La gauche, qui trouve possible qu'elle soit aussi à droite,
Il vaudrait sûrement mieux qu'elle demeurât coite.
La gauche qui trouve possible de gouverner au centre
C'est lui prêter un sabre pour mieux qu'elle nous éventre.
"

" Le centre, ni oui, ni non, souvent béni-oui-oui,
C'est le règne triomphant de la démagogie.
C'est la soumission à l'ordre des ploutocrates
Quand entre prolétaire ou bien aristocrate
Le choix est déjà fait d'envoyer la police
À ceux à qui on a déjà serré la vis.
"

" Les gauches de centre-droit sont fortement coupables
D'avoir lâché la bride aux droites détestables
Qui règnent sur les Pâtures de façon tyrannique
Et une société pseudo démocratique
.
"

" Il n'y aura de gauche que révolutionnaire.
Le peuple des Pâtures a un travail à faire :
Balayer de son sol toute la putréfaction
Qui serait issue de la mondialisation…
Quand les capitalistes ou la grande finance
Osent parler de crise en se tenant la panse
Et rire abondamment des fortunes qu'ils se font
En spéculant sur tout, l'avoine ou les oignons,
En licenciant partout pour mieux réembaucher
Les esclaves affamés qui devront accepter
Des conditions indignes pour vivre et travailler,
Leur niant à jamais leur citoyenneté.
"

" Et puis en faisant peur sur toutes les Pâtures,
En plaçant une bombe dans une devanture
Dans un grand magasin où l'on vend des toisons
En laine, sans le suint qui ne sent pas très bon.
Avec tout ce qu'il faut, des pains de dynamite,
Périmés, obsolètes, comme bouffés aux mites
Et sans détonateur puisque les terroristes
Voulaient s'attaquer aux valeurs capitalistes.
Formidable attention de quelques dromadaires
Qui prient Dieu à genoux et le derrière en l'air,
Probablement venus du pays de l'Opium
Et la peau retournée au niveau du scrotum…
"

" Mammouth** était sur tous les écrans du bocal.
Les poissons investis d'une mission spéciale
Avaient tous endossé leur mine la plus contrite
Pour annoncer les faits, souligner les mérites
Des artificiers qui, au péril de leur vie,
Avaient pu enlever ce dangereux colis.
Des experts, par centaines, venaient nous expliquer
Ce qu'il faudrait qu'on craigne, maintenant, désormais.
Plus question de dormir, ni sur nos deux oreilles,
Encore moins pour avoir abusé de la treille.
Haro sur les chameaux, foutons leur la peignée.
Le peuple du Caviar, il faudrait le saigner,
Avant qu'il ne nous lance ses skuds armés de bombes
Nucléaires, sûrement, pour nous creuser la tombe.
"

" Le montage, pourtant gros, n'était pas dénoncé.
Pour asseoir davantage la crédibilité,
Chacun y allait de son exemple notoire,
Mais resté ignoré, et nous contant l'histoire :
On apprenait alors, qu'au pays des Pâtures,
Chaque jour, les pitbulls, c'est vrai et on le jure,
Désamorçaient des bombes, déjouaient des attentats,
Arrêtaient leurs auteurs, mais on n'en parlait pas.
"

" Au pays des Pâtures, pourtant État de droit,
Cela ne choquait pas qu'on eût pu, pour des mois,
Garder sans les juger, des lions ou des chameaux,
Des moutons ou des bœufs, sans qu'on en pipe mot,
Au nom de quelle raison ou quel secret d'État ?
Aux Pâtures, voulait-on que l'on s'accommodât
D'un régime policier, brutal, autoritaire ?
Mais si c'était mensonge, alors c'était pour faire
En sorte que la peur s'installe durablement
À coup de propagande et même de boniments
. "

Un mouton qui paissait près de cette assemblée
Prit alors la parole en perdant sa goulée :

" Messire Bœuf, ajoutons pour y faire bon poids
Que je ne comprend pas, quel intérêt, ma foi,
Auraient ces terroristes à dresser l'opinion
Des moutons et des bœufs, contre eux, sans exception,
En leur posant des bombes pour qu'ils soutiennent leur cause ?
Nous prend-on pour des niais atteints de coccidiose ?
La seule chose que je crois, c'est qu'on veut nous faire peur
Pour qu'on avale mieux leurs désirs de seigneurs,
Leurs réformes à la con qui ne servent à rien
D'autres qu'à les engraisser et des os à leurs chiens.
Si la gauche n'est pas plus révolutionnaire,
Le peuple des Pâtures leur fera vite la guerre.
La peur changera de camp. Virus sera pendu
À un croc de boucher avec Pecora nue.
"

Les crapauds, les rainettes et même les grenouilles
Constatant que le bœuf avait encore des couilles :

" Nos sociétés sont aux mains de minorités
Qui s'octroient nos richesses, les ont privatisées
Avec l'aide des élus et des partis complices
Qui sont toujours d'accord et même partants d'office
Pour appliquer toujours la même politique,
Parfois en alternant un seul parti unique
De droite ou bien de gauche et parfois le contraire
Selon qui vient en tête du vote majoritaire.
Les peuples sont bidonnés par le multipartisme,
Au point qu'en politique, on parle de crétinisme.
Le pouvoir est tenu par des riches ploutocrates
Qui se cachent derrière des socio-démocrates,
Des libéro-fascistes ou bien des néo cons
Qui sauront tous y faire quand vous voterez non
Au référendum où il fallait voter oui
Pour vous faire revoter sans qu'on parle de déni,
De la démocratie, de la voix populaire
Dont finalement ils n'en ont vraiment à faire.
Autre temps, autres lieux, on parlait de fascisme.
Aujourd'hui, face aux caisses, on parle de vidisme !
La crise, la crise, la crise, justifie qu'on se taise
Et qu'on tende son cul afin que l'on vous baise.
Sans même une révolte, sans même un soulèvement,
Tout ça parce que la peur paralyse soudainement
Les bœufs et les moutons, les crapauds, les rainettes,
Les renards et les loups, les putois, les belettes,
Qui sont anesthésiés, inhibés de l'action
Et infoutus capables à la révolution.
Le délit d'opinion et le délit d'outrage
Valent d'être mis à poil et la bite au cirage
Par des forces de l'ordre, abêties et stupides,
Auxquelles on a fait croire qu'elles pourraient être cupides,
Auxquelles on a fait croire qu'elles jouissent d'impunité
Qu'elles peuvent torturer, taser ou étrangler
Quiconque aurait l'audace de demander des comptes
Sur le droit qu'on bafoue ou bien sur les mécomptes
Qui valent aux libertés qui conviennent à chacun
Qu'elles soient réduites comme une peau de chagrin.
Au pays des Pâtures, au moment opportun,
Quand la bombe sautera, Virus, en grand tribun,
Saura, sans aucun doute, et même par avance
Désigner les coupables, toutes leurs connivences,
Qui leur vaudront qu'ils soient condamnés aux galères
Ou mieux, éradiqués de la planète Terre.


22 décembre 2008 / «® / ©»




* Virus est l'actuel président des Pâtures.
** Mammouth, dite MAM, est la ministre de la Chasse aux Nébulogauchanarchistes