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Le faucon sacre (Falco cherrug)


Connaissez-vous le temps que le gerfaut consacre
À capturer ses proies sur ses toundras glacées,
Pour se nourrir d'abord et fournir à ses pouacres
Toutes sortes d'aliments pour qu'ils grandissent assez
Et assurent à l'espèce, son immortalité…
À moins qu'on le massacre ou le fasse prisonnier !

Cela fait très longtemps que ce proche cousin
Habite un territoire bien éloigné du mien.
Cela fait très longtemps, presque une éternité,
Que nos espèces sont tout à fait séparées.
Le temps souvent efface toute trace de mémoire.
Il reste nos couleurs comme vous pouvez le voir.
Mon cousin le gerfaut serait un peu plus gris.
Ma tête serait plus claire.

Tous deux nous prospectons des espaces découverts
Et laissons les souris au crécerelle souvent ou à l'émerillon.
Il nous faut des oiseaux ou bien des mammifères,
Des mouettes ou des levrauts qui tombent sous nos serres.

Cela fait plus d'une heure que je vous vois assis
Dodelinant la tête, à moitié endormi.
Je guette les sousliks dont la concentration
Se remarque aisément sur la pelouse rase,
D'où jaillissent, remuées, des dizaines de buttes.
Leur guetteur aujourd'hui n'a pas pris de bismuth.
Il alerte constamment et fait ma table rase...
Dans leurs trous, je ne vois que s'enfuir des croupions

Une corneille hostile arrive et me houspille.

Bien que de ces oiseaux, j'en prenne des escadrilles,
Je m'envole, tout droit dans le soleil qui brille,
Et la rétine, dans vos jumelles, la grille.

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