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Sac de nœuds et tête de riz


Les peuples des Bambous, les peuples des rizières,
Les peuples des Savanes et ceux dans la misère,
De plus en plus nombreux, n'avaient donc plus de riz,
Car ils manquaient de blé et la hausse des prix
Les privaient maintenant de jusqu'à l'essentiel
Sans oublier le luxe d'une pincée de sel.

Les raisons qu'on voulait, bien sûr, nous faire gober
C'était le réchauffement de la Terre, craquelée,
Manquant d'eau et de graines ou bien de pesticides,
L'avancée des déserts pour cause de génocides,
Les mauvaises récoltes, les agrocarburants,
La flambée du pétrole et la bombe en Iran.

Vite des sous, nous criaient Panthère* et Saint Bernard**,
Ministres des Pâtures, toujours aussi flambards.
Vite des sous, il en faut pour l'aide alimentaire,
Quelques millions encore ou nous manquerons d'air,
Comme il en manque pour l'aide au développement
Depuis qu'on l'amputât de plus de quinze pour cent.

Si nous n'avons rien dit, si nous savons nous taire,
C'est bien que de le dire ne fait rien à l'affaire.
Faudrait-il qu'on explique que les stocks de riz,
Dès l'instant qu'on les garde, font exploser les prix.
À mille balles la tonne, on s'est bien enrichi.
À deux mille, on le vend, même s'il est pourri.

Et puis on recommence pour le blé et l'avoine,
Les carottes, le maïs ou bien la macédoine.
Nous régnons sur la Terre et tous ces affamés
À qui l'on fera montre d'un peu de charité
En leur faisant porter des grains pour subsister.
Puis nous irons danser pour ne plus y penser.

12 avril 2008 / «® / ©»



* Panthère porte des impairs et dément tôt.
** Saint-Bernard porte des sacs de riz.