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Le rougequeue noir (Phœnicurus ochruros)


Je vis dans votre cour et tous les toits autour,
Avec leurs cheminées, ne me font regretter
Ni les pelouses alpines, leurs falaises en ravines,
Ni les côtes rocheuses où le traquet motteuse,
Où les miens en été, cachés dans les rochers
Font entendre leurs chants qui se finit souvent
Comme si l'on froissait une boule de papier.

Je n'aime guère vos chats et les suis pas à pas,
Alerte et les agace, sûrement, les tracasse,
Car leur queue tétanique s'agite mécanique
Traduisant leur colère et leurs mauvaises manières.
Mais s'ils pouvaient me prendre...
_______________Vous qui les trouvez tendre...
Ils me mettraient en pièce, ça les mettrait en liesse.

Mais j'en ai rien à foutre, car mon nid sur la poutre
Est hors de leur portée. Je niche chaque année,
Dans la grande remise où votre mère élève
Des poules qui, sans trêve, sans qu'on les brutalise,
Y pondent des œufs frais. Le lundi au marché,
Elle les vend au marchand. Alors les paysans
Sont tous un peu jaloux qu'elle gagne autant de sous.

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