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Le rougequeue à front blanc (Phœnicurus phœnicurus)


Je manque à la Bretagne où vous êtes installé
Peu commun en Mayenne où vous viviez enfant…
Nos rencontres étaient rares et puis le sont restées.
Parfois je suis commun et même fréquemment,
Je vis dans les jardins, les parcs d'agrément ;
Sans être familier… disons, assez prudent
Et un peu plus farouche quand je vis en forêt.

C'est là qu'on se connaît et qu'on s'est rencontré,
Quand le soleil s'incline et zèbre de ses rais,
Le sous-bois qui s'embrume de poussières volatiles
Et de fées volucelles qui jouent les projectiles
Ou s'arrêtent, immobiles, juste assez pour bronzer.

Je me montre un instant sur une branche dégarnie.
Je me tiens, vertical, je m'agite, je traquette…
Qu'un papillon volage, aussitôt je me jette,
Je le cueille, je me pose, je le frappe, l'étourdis
Et le garde dans le bec, le temps que l'agonie
Finisse de le tuer. Alors, je l'engloutis.

Ou bien je fouille à terre, attendant patiemment
Qu'un moucheron émerge d'une larve cachée
Dans les mousses humides et vienne se poser
Sous les feuilles des myrtilles ou des faux calaments…
En deux bonds ou bien trois, plus vite que la lumière,
Je la prends par derrière et aussitôt l'ingère.

Cher Monsieur Géroudet, malgré tout le respect
Que les oiseaux vous doivent, vous vous êtes trompé :
C'est le rougequeue noir qu'on appelle rossignol
Des murailles ou des murs, en Mayenne, en tout cas.
Ce qui paraît logique, puisque je n'y vis pas.

Mais vous êtes pardonné. Ce n'est qu'une babiole !

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