®
Le rollier d'Europe (Caracias garrulus)


Je ne suis guère enclin à me montrer de près.
Mais sous ces chênes-lièges, je suis bien disposé.
Á moins et c'est possible que je sois plus distrait,
Qu'à l'habitude, bien sûr…

__________________Mais je suis enchanté
De vous voir apprécier mes si jolies couleurs,
Mes techniques de chasse. Je me mets en valeur.
Je vais, rien que pour vous, fondre sur un criquet,
Qui me donne bien du mal… il ne fait qu'à sauter.

Je vais même chanter, un peu comme la pie bleue,
Cette grosse nonnette qui veut jouer les savants,
Prétextant qu'elle connaît, même l'Extrême-Orient
Et passe le plus clair de son temps à des jeux.

Si vous trouvez mon nid, mes petits sont partis.
Vous arrivez trop tard, juillet est consommé.
Déjà je me prépare pour mon Abyssinie…

Cette année, j'ai niché dans un trou de guêpier
Dans le talus de sable qu'ils ont abandonné.
Ces oiseaux sont fantasques et prompts à déguerpir
Du site familier où pendant des années,
Ils ont fait des enfants, sont venus les nourrir
Dans un talus de sable et de petits galets,
En couches horizontales qui furent déposés,
Par cette rivière calme qui continue de creuser
Un lit où la fraîcheur tempère le chaud été.
Et puis l'eau, voyez-vous, attire des insectes
Qui volent par myriades ou marchent solitaires
Et des grenouilles, aussi, ou des serpents de verre…
Cela dit, j'aime bien les terrains archi secs.

Puisqu'il me faut conclure ce trop bref entretien,
C'est en vous invitant à venir au printemps,
Admirer mes pariades, car elles le valent bien…

Croyez-moi sur parole, vous en serez content.

*