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Virus fut nommé ministre de l'intérieur, Rien de bien anormal quand on est parasite : L'immunité zéro, c'est mon souci majeur. Les agneaux des banlieues, leurs trafics illicites, Je m'en vais sur-le-champ les réduire au silence. Je construis des cellules jusques à l'indécence Dont les portes, je le dis, comme celles des ascenseurs, Ne s'ouvriront plus que sur les tout petits beurs. Pour qu'ils tombent, qu'ils s'écrasent, enfin nous débarassent Le plancher qu'ils nous souillent et même nous encrassent. La pauvreté, c'est sûr, est mère de tous les vices, C'est pourquoi, tous les pauvres, il faut qu'on les écroue Puisqu'il ne sert à rien qu'on donne un tour de vis Á l'hère qui le reste et le crie trop surtout. J'affecte aux chiens de garde de nouvelles canines Et tant pis s'il s'avère qu'ils fassent des bavures, La faute en obviendra au peuple des pâtures, Surtout s'il apparaît qu'il a mauvaise mine. Les brebis prostituées, je veux qu'on les harcèle, Comme on le fait des juges qui, parfois, interpellent L'un des nôtres, s'il arrive, par erreur, d'oublier De détruire les preuves, les pièces et les dossiers Qui voudraient qu'on les pende sans l'ombre d'un procès. La raison du plus fort est souvent bien pratique. Tans pis si sur l'affiche, le sourire est cynique. Le peuple des pâtures est certainement con, Puisqu'il donne sa voix, le jour des élections Au Bélier qui instaure, vite, son escrocratie Et à ceux qui, avant, l'avaient déjà trahi. L'hirondelle des fenêtres (Delichon urbica) / (23 mai 2002)__________
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