®
Le pipit de Richard (Anthus richardi)


J'aurais aimé bien sûr pouvoir vous confirmer
Que j'appartiens bien à l'espèce des pipits
Que l'on dit de Richard et que vous observez
Chaque hiver finissant quand, pour un temps, j'habite
Les landiers qui bordent la forêt de Floranges,
Ses allées rectilignes sur lesquelles je mange
Quelque proie minuscule, à vos yeux, invisible,
L'arbre mort qui brandit ses branches desséchées
Sur lesquelles je me pose et surveille l'espace,
Car que vous approchiez ou bien qu'une ombre passe,
Je m'envole, farouche, ne vous laisse approcher
D'assez près pour que vous puissiez sans aucun doute
Confirmer que je suis bien pipit de Richard.

Vos efforts seront vains et bien que ça me coûte,
Je ne ferai rien pour vous sortir du déchard.
Vous laisser approcher pourrait bien me valoir
Des soucis ou la mort et la fin de ma route.

Si j'hiverne en Bretagne ? Vous voulez le savoir…
Dîtes-moi, pourquoi faire puisque les gens s'en foutent.

*