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Le renard roux (Vulpes vulpes)



Un jour, je le pressens, nous ferons tous la grève
Et tans pis si les hommes, rapidement en crèvent.
Nous ne chasserons plus jamais les campagnols,
Les rats ou les mulots dont pourtant on raffole.

Nous nous contenterons des poules abandonnées,
Souvent en quantité, après qu'elles soient crevées
Et jetées pêle-mêle pour que l'équarrissage
En fasse des farines destinées à l'élevage
Des vaches qui maboulent à force d'OGM
Et sécrètent du lait concentré dioxines,
Destinés aux bébés qui sucent du tranxène,
Antidote aux nitrates des petits pots Rizdine®.

Et tout ça, c'est ma faute. Fatalement, on m'accuse.
Cela donne aux chasseurs, enfin, une bonne excuse
Pour me faire la chasse ou alors m'enfumer,
De libérer leurs fox qui veulent m'étrangler !

Bien sûr que j'exagère ! Je suis irrationnel !
Ce discours excessif était intentionnel.
C'est le même qu'on vous sert à la télévision
Vingt-quatre heures sur vingt-quatre et aux informations.

Et pendant ce temps-là, tous ceux qui vous trahissent
Sse gavent d'ortolans, se tapent sur les cuisses !
C'est vrai, vous êtes drôles à brandir des pancartes…

Je pense donc j'essuie, comme disait Descartes,
Surtout les pots cassés et les dettes publiques….
Les juteux bénéfices vont à ceux qu'ont du fric
Bien blanchi en trafics. Y'a bon Débit Lyonnais !

On vous dit la croissance aux hormones trafiquées…
La bourse, les actionnaires, valent bien qu'on enfume
Le tunnel du Mont Blanc ou bien que l'on enrhume
Les pâtés, les rillettes à coup de listériages…
Qu'on m'accuse surtout de transmettre la rage !

D'aucuns se font du beurre en faisant leurs fromages
D'eau et un peu de lait, brutalisent les plages
De nappes de pétrole, de résidus de fioul
Et c'est moi qu'on accuse de m'attaquer aux poules !

Bientôt pour fabriquer des avions renifleurs,
Vous ferez RTT, juste trente-cinq heures
Qui vous feront flexibles, un peu plus abruti…
Et c'est moi qui finance l'état de Birmanie ?

Je suis un animal et comme tel, je confuse.

Comment pourrais-je croire que le docteur Mabuse
Ait pu donner naissance en moins de cinquante ans
À tant de rejetons, en aussi peu de temps ?

Quand consacrerez-vous l'énergie qui vous reste
À lutter contre ceux qui vous filent la peste,
Au lieu de vous en prendre aux malheureux baudets
Quand ils vous débarrassent des chardons dans les blés ?

Les hommes, voyez-vous, sont simplement jaloux.
Ils me disent rusés, je m'adapte, c'est tout.
J'attends l'effet de serre qui noiera la planète…
Dans un habit d'écaille, je m'habille en roussette !

Quand vous serez tous morts, fumerez en enfer,
Je ferai un grand trou, assécherai la terre
Et des trous dans la terre en forme de tanières.
Puis, je donne à mes chiots les meilleures manières.

Je leur écris un conte en forme d'odyssée
Que liront les gorilles, aussi les chimpanzés...
Que ceux-là perdent la boule ou aient un cœur de pierre
Se prennent pour des hommes… Tout serait à refaire !

Mais allez donc savoir ce que les Dieux goupillent ?
Quand ils ne sont pas soûls, c'est qu'alors, ils roupillent
Ou rêvent aux plus fous, surtout quand ils sont stones...
Nous faire la pomme d'Adam avec Charlton Heston !

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