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La mésange rémiz (Remiz pendulinus)


Jamais je n'oublierai ces quelques jours passés
Où vous vîntes me voir, lorsque tout à mon nid,
J'oubliai que les hommes sont souvent nos ennemis
Et qu'il aurait fallu que je fusse plus discret.

Mais les hormones imposent aux hommes et aux oiseaux
Des contraintes astreignantes qui ne laissent de repos
Que si on les épuise et nous laissent K.O.,
Avec à peine un peu de peau sur quelques os.

Je n'avais guère de choix qu'à faire mon ouvrage.
Je l'avais commencé. Il fallait continuer
Ou alors ma femelle m'aurait abandonné.

Aurais-je survécu à un pareil outrage ?

Mais vous vous tîntes coi et tranquille à la fois.
Aussi, je vous pris vite pour une souche de bois,
Même si mes marais en sont tout dépourvus
Et celles des roseaux restent toujours menues.

Á la branche d'un saule, souple comme un osier,
J'avais déjà fini mon anse de panier
De fibres végétales, de crins entrelacés
Aux laines du mouton et feuilles de graminées.
Encore une journée, j'aurai fini la bourse.
J'attendrai patiemment la venue de ma douce
Qui a sa propre idée sur l'aménagement
Qu'il convient au-dedans, aux œufs ou aux enfants.

Pour cela, il lui faut quantité de duvets
Pour faire de l'intérieur un matelas douillet,
Comme peut l'être la couette où vous vous réfugiez
Quand arrive la nuit, votre amie rejoignez.

Mais votre douce est loin. Vous êtes célibataire.

Peut-être, êtes-vous même un mâle surnuméraire ?

Vous partirez en douce, sans même me dire adieu.

Quelque tache vous attend, ailleurs, sous d'autres cieux ?

*