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Las ! je suis atterrée, en lisant le journal, J'apprends, je m'en doutais, que le monde animal Était très menacé dans sa diversité. Les effectifs de mon espèce, urbica, Ont diminué de plus de quatre-vingts pour cent En à peine dix ans et de soixante pour cent, Par rapport seulement à ceux de l'an passé, C'est vous dire les dégâts ! Les raisons sont multiples. Devrais-je vous les citer ? Le peuple des pâtures est-il à ce point niais ? Je m'étais installée en petite colonie Sous le toit d'une maison où j'avais fait mes nids. Quelques fientes ont valu que l'on nous dénichât. Je perdis mes petits et fuis cet endroit-là. Mais le pire, ce sont tous les produits herbicides Qui détruisent les abeilles ou les insecticides Qui nous privent des insectes. Si fait, je meurs de froid Et mes petits de faim. ______________Sur les prés, c'est l'effroi. Les fleurs se plaignent qu'on ne les féconde pas. Mais les bœufs, les moutons ne les entendent pas. Ils déversent par tonne divers produits chimiques Qui, petit à petit, les bêtes, éradiquent. Ils approuvent le discours de Bison d'Amériques Quand il veut bombarder l'Irak et son Oryx, Au prétexte qu'il détient des armes de destruction, Les mêmes que l'on trouve rangées sur les rayons De tous les magasins où ils s'approvisionnent En bombes aérosols. Savent-ils qu'ils déconnent ? L'hirondelle des fenêtres (Delichon urbica) / (1er juin 2002)__________
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