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Le roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus)


Je pousse mes piropos comme les Andalous
Quand ils sifflent les filles qui passent aux terrasses
Des cafés de Séville, le soir, quand l'air est doux,
Auxquels elles répondent d'un clin d'œil fugace.

Mais je ne connais pas ce petit coin de terre…
Je crois que c'est là-bas que les eaux coulent en oued…
Je vis dans un verger dans le sud de la Suède
Et m'en irai migrer en Asie, cet hiver.

Je suis ébouriffé et de rouge coiffé
Et mon ventre tout blanc tranche avec le gris brun
Du manteau de mes ailes avec un liseré.
Je ne me montre guère caché dans les nerpruns.
Si ce sont des bourdaines, c'est que je ne sais pas
Ce que veut dire alterne… Alors pardonnez-moi !

J'ai caché mes petits dans une coupe de foin,
Près de grands épilobes qui le cachent avec soin.
Mais je ne couve pas, seulement ma femelle
Qui rappelle vaguement la femelle des bruants,
Sauf des marques à la tête et celles sur les ailes…
Á bien y regarder, c'est vraiment vaguement !

Avez-vous regardé ces vieilles maisons rouges,
En poutres assemblées, qui servent de grenier ?
Elles ont au moins trois siècles et jamais elles ne bougent,
Puisque, au même endroit, je les trouve chaque année.

La province de Mora, depuis longtemps m'accueille.
Je ne vous livrerai aucun autre secret…
Mais auriez-vous aimé que je quitte les feuilles
Qui m'abritent souvent, juste pour me montrer ?

L'étude des oiseaux exige de la patience,
Une belle obstination, de la persévérance.

Mais les Dieux vous bénissent et vous offrent souvent,
Des occasions multiples d'être un peu plus savant.

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