|
La veine du coucou ! Est-ce un oiseau à cornes ?… A-t-il la même chance que celle que j'avais eue Quand vous aviez crié au fermier d'arrêter La machine qui coupe et avale les blés Et qui, à l'occasion, m'aurait avalé cru Et envoyé tout droit rejoindre les licornes ? Ce fermier, Dieu le garde, me laissa pour survivre Quelques mètres carrés de moisson épargnée Où mon nid accroché, tissé comme une boule, Abritait mes petits, nombreux comme une foule. Ils sont roses et tout nus et encore aveuglés… Dans moins de quinze jours, vous ne saurez les suivre. Vous pûtes ainsi me voir, en venant tous les jours, Grimper le long des tiges qui pliaient sous mon poids, Me pendre par la queue juste pour le plaisir, Utiliser mes mains quand je veux me nourrir De graines amidonnées qui sont menus de roi Ou de menus insectes quand ils traînent alentour. Souvent les enfants sont, trop vite, trop curieux… Mes petits étaient grands et tout prêts à sortir, Quand vous vîntes trop près et ce fut la panique Comme celle qui s'empara d'un coup du Titanic Quand les passagers surent qu'il leur fallait mourir... Et tous, en instant, disparûmes à vos yeux !
|