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Le pygargue à queue blanche (Haliætus albicilla)


En face de Bleik se dresse un grand îlot rocheux
Où nichent des guillemots, des jolis macareux,
Des pingouins et des mouettes, tout le long des falaises.
On m'y voit également quand je plane, balaise.

Je pêche des poissons très nombreux en ces eaux.
J'attrape à l'occasion de très jeunes oiseaux
Et même des plus vieux ou simplement trop vieux
Quand ils ont fait leur temps au-dessous de nos cieux.

Je sais que vous avez essayé de trouver
Où j'avais installé mon nid ou mieux mon aire ;
Que vous avez ainsi contourné par la terre
Des falaises trop hautes pour être escaladées ;
Que vous avez grimpé des pentes très abruptes
Couvertes de bouleaux aux gènes modifiés,
Tordus comme serpents ou bien par Belzébuth…
Que vous avez franchi d'impossibles sommets ;
Vécu soixante maux et la mort, mille fois
Pour admirer enfin nos orbes et nos tournois.

L'un des nôtres, admirable, fit la démonstration
De la façon subtile dont on prend les poissons
Quand ils sont déjà morts et flottent sur le dos…
Puis, vous aviez trouvé nos reliefs de repas,
La patte d'un lagopède qui devint porte-clefs ;
Un crâne de lapin qui devient brun l'été,
Des arêtes de morue dont je mange le foie,
Pour toutes les vitamines qu'il nous faut, oligo.

Il y a des années, j'étais empoisonné
Par les produits chimiques qu'on met sur les cultures.
Ici, sur Andoya, je suis en bonne santé.

Si vous croyez en Dieu, priez pour que ça dure.
Si vous n'y croyez pas, espérez simplement
Pouvoir nous observer encore assez longtemps.

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