|
Je vole au ras des vagues, dressées comme les hagues D'un bocage écumant ; de flots toujours changeants Sur lesquels je dessine, de la pointe des ailes Que j'ai longues et très fines, avec beaucoup de zèle, La trace de mon passage. À faire des zigzagages, Je pourrai me paumer au-delà du Spitzberg Où croisent des icebergs, des phoques qui s'immergent Ou, pire, sur les berges de Méditerranée Où j'ai un mien cousin plus pâle, mais d'un rien. D'un coup, je suis tout blanc et d'un coup, je suis noir, Puis, à nouveau, tout blanc. Puis, je redeviens noir Et m'éloigne en l'instant, définitivement. Je reviendrai vous voir, une nuit dans le noir, Poussant des cris troublants… Car même les korrigans Auront peur et fuiront… Leurs terriers, quitteront, Pour qu'on puisse s'installer tout au fond et couver Un seul œuf gros et blanc qui nous donne un enfant, Qui nous donne du tracas jusqu'à ce qu'il soit gras Et nous rejoigne enfin. Il lui faudra, au moins, Deux mois et des poussières pour fuir le Finistère.
|