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Le puceron de l'épicéa (Cinara piceae)



Si je fais référence au nombre d'ennemis
Que j'ai sur cette terre, je fus très sûrement
La première bête créée par quelque Dieu savant
Qui venait d'inventer le mot biologie.

Alors, il fit le sexe et la reproduction,
Le clonage et aussi la parthénogenèse,
Le miellat qui permet la chimiosynthèse
D'hydromel fermenté, du coup l'inhibition
Que procurent les abus de boissons alcooliques
Sur l'hypothalamus et le système limbique…

Les Dieux devinrent alors, comment dire, bucoliques…

Au cours d'une beuverie, ils firent l'homme et sa clique !

Puis dès qu'ils l'eurent chassé du paradis terrestre,
Ils firent les parasites, les moustiques et les œstres,
Les puces et les morpions, même les aoûtats,
Le virus d'Ebola et la cirrhose du foie.

Aussi me condamnèrent de figurer à table
Au menu des insectes comme présumé coupable :
Les raphides, les chrysopes, les mouches à échasses,
Les syrphes, les coccinelles, tout le monde me chasse,
Sans parler des panorpes, des guêpes et des fourmis
Qui me traitent en esclave, boivent mes jus sucrés
Qu'ils sucent sur mon dos quand à peine exsudés.
Ils perlent de mes pores et j'en n'ai pas fini…

Vous dirais-je les poisons, la bouillie bordelaise
Qui me font regretter, plus souvent qu'à mon tour,
Les pages deux et trois du livre de la Genèse,
Le big bang, le Karma et le Yhanajvûjûr !

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