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Votre père, un matin ayant tué un lapin De garenne imprudent, en fit don sur l'instant À son ami Gâchon. ________________C'était son compagnon De chasse et la pratique voulait qu'ils se partagent Les pièces cynégétiques, dans l'instant, sans ambages. Tiens, Lucien, c'est pour toi. Tu le mangeras dimanche, Car ta fille vient, je crois… (Elle vivait à Avranches) Gâchon le remerciant prend le lapin, d'un geste L'enfile prestement dans le dos de sa veste. Mais moins d'une heure après, il s'agite, il se gratte Le dos, les omoplates. ________________Au beau milieu du pré, Il tombe la chemise dans laquelle, ô surprise, Nous sommes des milliers, (À remplir un boisseau), Toutes éparpillées sur son corps et sa peau… Votre père jura qu'il ne nous avait pas vus Sur la peau du lapin et voulut qu'on le crût ! Me prends pas pour un con ! lui rétorqua Gâchon Bien persuadé que votre père lui avait joué Un de ses tours pendables, qu'au soir, à la veillée, Il racontait à table, faisant rire tous les autres Convives pour de bon.
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