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J'aime assez le printemps lorsque les orchidées Ouvrent en même temps leurs labelles parfumés. Les orchis, les ophrys ou bien les sérapias Me fascinent tellement que j'en oublie la chasse Sur mes terrains calcaires, mes pelouses xérophiles, Où la terre est rosie par les sels d'alumine Et parsemée de pierres, comme sur les stériles Qui couvrent les carreaux partout autour des mines. Je cours et je m'arrête, je cours et je m'arrête, La tête bien en avant ou droit sur mon séant. J'avais un nom, jadis, que parfois je regrette, Car j'étais l'agrodrome pour bien des paysans. Comme tous les pipits, je chante en parachute, Quelques notes égrenées, répétées en séries. Mais il arrive parfois, du sommet d'une butte Ou du haut d'un buisson, que l'on m'entende aussi. Comme tous les pipits, je cache si bien mon nid Que pour le retrouver, il faut des stratégies De sioux ou de hopis et vous êtes frustré, Car je ne mettrai pas mes petits en danger. S'il arrive parfois que vous nous surpreniez Nous nous traînerons comme si nous étions blessés. Nos petits font très vite pour aller se cacher, Même s'ils sont aptères, dès qu'ils savent piéter. Ce que l'on craint surtout, c'est le serpent qui rôde Et puis quand la nuit tombe, le renard en maraude, La chouette ou le hibou qui nous privent à jamais De l'Afrique par delà la Méditerranée.
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