®
Le pouillot siffleur (Phylloscopus sibilatrix)


J'arrive quand les feuilles sont encore très tendres,
Quand elles viennent de naître, qu'elles sortent des bourgeons,
Qui perdent leurs écailles qui pleuvent en tourbillons
Dans les rais du soleil avant de se répandre
Sur la mousse des bois qui couvre la litière
Et tient chaud aux racines des chênes centenaires.

Avez-vous remarqué les nuances de verts,
Qui, partout, impressionnent de taches la nature,
Quand le temps est venu qu'elle sorte de l'hiver,
Même si le matin, il arrive qu'il gèle dur,
Quand le vent est léger, qu'il trouble les ficaires,
Les scilles printanières, les jaunes primevères.

Sur la branche d'un hêtre couverte de lichens,
Je trille ma chanson. Plusieurs fois, je l'enchaîne.
On n'entend plus que moi. J'occupe toute la scène.
Bien sûr, certains oiseaux la trouveront rengaine.
Je m'arrête un instant avant que l'oxygène
Me manque au point que j'en perde mon haleine.

Plus tard, dans quelques jours, ma douce arrivera.
Au terme d'une pariade, on se copulera.
Les ailes écartées et le bec entrouvert,
Je relèverai la queue, cela fera l'affaire.
Je surveillerai alors la construction du nid
Qu'est affaire de femelle. Le mâle en est banni.

Elle commence toujours par tisser l'extérieur,
Avec des herbes sèches dans une touffe d'herbes sèches
Et finit par garnir de crins tout l'intérieur
D'une boule invisible à peine plus grosse qu'une pêche
Et pondra assez d'œufs pour qu'on ait six petits
Avec un gosier jaune, un solide appétit.

Dès qu'ils sauront voler, nous les escorterons
Pour qu'ils apprennent à trouver des pucerons,
Des chenilles, des larves, à découvrir le monde ;
Que les mésanges des bois les prennent dans leurs rondes.
Les sittelles les amusent avec la tête en bas.
Seul le pic épeichette leur fait peur quelquefois.

*