®
Le pouillot de Bonelli (Phylloscopus bonelli)


J'aime mieux les taillis qui poussent sous les futaies
Que les trop hautes branches qui font les canopées.
J'aime assez le soleil surtout s'il y a de l'ombre
Et la pleine lumière quand il y a des coins sombres.

Parmi tous les pouillots, je suis sûrement celui
Qui préfère les buissons, les arbres encore petits…
Encore faut-il que leurs branches ne soient pas trop
Fournies, serrées, touffues. Je préfère les sureaux,
Les bourdaines ou les coudres, les cornouillers sanguins
Aux houx ou aux buis dans lesquels on ne voit rien.
J'y cueille des chrysopes, des pucerons lanigères,
Diverses raphidies et même des mécoptères.

J'inspecte les feuillages ce qui me vaut le nom
Qu'on me donne en latin et savez-vous que Lui
Est mon nom italien, qu'il correspond au cri
Que je pousse sans cesse au sein des frondaisons.

Á moins que je ne chante quelques notes rapides
Dont la tonalité est un peu monocorde.
Vous savez, les pouillots n'ont pas d'arc, ni de corde
Et leur chant est quelconque.

________________Mais dans leur thébaïde
Á quoi leur servirait une voix de Callas,
Sauf à leur attirer les chats ou les rapaces.
Les cris ou bien les chants servent à la cohésion
Avec les nôtres quand nous nous en éloignons.

Gaspiller l'énergie est une aberration.

Il nous faut être gras pour nos longues migrations.

*