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Le pluvier argenté (Pluvialis squatarola)


En hiver, je l'accorde, pour me différencier
De mon cousin doré, il faut sortir d'Oxford.

Mon cri trisyllabique est pourtant différent.
Je le pousse en volant ou alors quand je pique.
Car le reste du temps, je suis bien silencieux.
J'écoute chanter le vent quand il change les cieux.
Mais je possède aussi, si je relève l'aile,
Une tache à l'aisselle, un triangle noirci.

Je préfère les vases et le bord de la mer.
Les grands champs m'indiffèrent ou alors, à l'occase.

Je niche dans l'Arctique avec les ours polaires.
Mais quand arrive l'hiver, ses froids et ses banquises
M'obligent à émigrer et retrouver l'été.

Je descends en Afrique Australe, je précise,
Si je suis sibérien ; au sud, en Amérique,
Si je suis canadien. Comme la sterne arctique,
Mes voyages migratoires m'entraînent sans histoires
Sur les deux hémisphères et la terre toute entière.

Bien avant que Colomb ne découvrît, au cours
De son voyage retour l'Europe et l'Angleterre,
Je savais que la terre était ronde comme un œuf,
Comme celui que je ponds. Et ce n'est pas du bluff !

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