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Les bécasseaux variables volent en escadrille Et celui de Temminck vous offre encore un trille. Les phalaropes s'attroupent, car l'été agonise. Août est entamé et tout le ciel se grise. Bientôt, il fait frisquet et la toundra se poudre De grains de pluie gelée, qui hésitent, longtemps, Avant de se poser. Il leur faut se résoudre À fondre en larmes humides… L'hiver a tout son temps. Des nuages soulignent la ligne de front polaire. Un silence profond s'installe sur Varanger. Il prélude aux tempêtes avec ses vents blizzards Qui jettent les oiseaux sur les routes, au hasard. Je vole de conserve avec mes compagnons, En braillant tant qu'on peut des jodles tyroliennes. Je me pose sur ce lac où vivent des saumons, Depuis dix mille années, prisonniers des moraines. J'ai l'air d'un catmarin dont le bec serait pâle… Mais en deux fois plus gros. Si mon plumage est fade, C'est qu'elles sont déjà loin, ma pariade nuptiale Et mes îles sibériennes où le temps est maussade. Je ne tiens pas en place. Sitôt à peine posé, Je m'envole déjà pour regagner le fjord Où grouillent des poissons, en bancs comme des hordes Et conservés au frais au fond des eaux glacées. Des fous et des fulmars suivent un bateau de pêche, Qui oublie de virer et vient à l'abordage De notre compagnie qui, bientôt, se dépêche De s'enfuir au plus vite avant de faire naufrage.
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