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Sous la plage, les pavés…




Le rôle du chroniqueur est de rester serein
Quand bien même son drapeau serait cinabarin…
Il se doit d’être honnête, sans trop de parti pris,
Sans complaisance pourtant envers les malappris.

Blanchon* avait donc fait son discours sur la plage…
Des milliers de drapeaux nous offrent une image
D’une émotion si forte que d’un coup, elle étreint.
Qu’une larme vienne à l’œil, ce n’est pas de chagrin.

La ferveur des bêtes n’est pas très ordinaire.
Les temps changent enfin. Il ne faut plus se taire.
Elles se comptent par milliers et par un prompt renfort,
Apprécient par millions, ce nouveau réconfort.

Ça n’est pas seulement quelque espérance béate
D’obtenir pour tout solde, une jouissance immédiate.
C’est qu’enfin on s’adresse à leur intelligence
Quand elles avaient trop cru n’être rien qu’une engeance.

Les baveux du bocal pouvaient les mépriser.
Ils ne s’opposeraient plus à ce raz-de-marée
Qui les balaieraient tous, ces valets et leurs maîtres.
Les rebours se décomptent sur tous les chronomètres.

Ils pourraient se poser la question de savoir
Quelles bêtes n’étaient venues que pour apercevoir
Celui qu’ils qualifiaient de clown rigolo.
Ils auraient pu compter le nombre de drapeaux.

Rendre compte du nombre en dizaines de milliers
Quand près de cent vingt mille se sont ainsi ralliés,
C’est se moquer du monde, injurier les Pâtures,
Qui sauront, quand il faut, purger ses pourritures.

Tant de malhonnêteté nourrit trop la rancœur.
La journée fut bien belle et remplie de bonheurs
Qu’on partage d’un sourire avec quelque inconnu
Avec qui l’on fait comme si l’on s’était connus.

Le reste du discours, c’était tout un programme
Qu’il faudrait qu’on récoute pour qu’enfin l’on engramme
Toutes ces propositions pour changer de modèle
Et faire l’insurrection et voler de nos ailes.

Ne plus jamais laisser quiconque nous maltraiter,
Quel qu’en soit le prétexte, sauf à le regretter
Pendant assez longtemps pour comprendre la mesure
Du mot égalité au pays des Pâtures.

Les calanques, au loin, ont servi de décor
Aux reflets des montagnes sur lesquelles sont morts
Des mouflons, nos ancêtres, qui firent de mon pays
Un endroit que l’on aime et qu’on nomme patrie.

14 avril 2012 / «® / ©»




* Blanchon est le candidat du Front Senestre