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Pourquoi voudriez-vous qu'on me compare au bœuf ? Les étymologistes sont tous des crânes d'œuf ! L'origine de mon nom viendrait du mot bourgeon Que je bouffe au printemps… Pas les mots… Non, les yeux… Ou l'œil au singulier. Et ils sont délicieux, Mais ils me valent encore mauvaise réputation, Foudres du jardinier et descentes de police Pour ces enveloppes foliaires enduites de propolis. Car le reste de mon temps, je le passe caché Dans les bois, les bosquets ou au milieu des haies. Je me trahis parfois quand je siffle ma compagne D'un petit cri plaintif dans le bruit des campagnes. L'on pourrait m'admirer pour ma poitrine rose, Ma calotte de jais ou le gris de mon dos Et mon derrière blanc. Mais me montrer, je n'ose. Je ferais mon malheur. Je ne suis pas si sot. Car, pendant trop longtemps, on m'a pris dans des pièges Partout, dans toute la France, de Tournai jusqu'à Liège, Pour me mettre dans des cages, pour écouter mon chant Qui, s'il n'est pas très fort, n'en est pas moins charmant.
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