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Je passe tout l'été derrière la devanture Qui ferme la boutique de lacets et chaussures, Où travaille votre père. Il fait des brodequins Pendant que votre mère : elle tricote à la main. Quand arrive le soir, vous m'entendez remuer Entre granit et bois. À peine je me montre, Qu'aussitôt je m'envole et cours à la rencontre Des insectes qui volent au-dessous des sorbiers. Et puis de temps en temps, je reviens dans la fente Où j'allaite mon petit qui est tout minuscule. Il sortira bientôt, à peine adolescente… J'oubliai, c'est une fille privée de testicules. J'aime jouer avec vous, poursuivre les graviers Que vous jetez en l'air pour que je m'en empare. J'aimerais davantage que vous me balanciez Des papillons dodus, voire même des cafards. Des bandes de martinets, juvéniles en diable, Font des courses, effrénées, en criant tous très fort. Ils passent au ras des toits et seraient bien capables De ne pas m'éviter. Ils seraient dans leur tort ! J'adore votre maison, la cour pavée, derrière. Mais, dans votre grenier, une effraie domicile… Je crains l'effet des serres, car cet oiseau habile Aurait tôt fait, soudain, de me faire mon affaire.
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