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Le pinson du Nord (Fringilla montifringilla)


Sans être aussi commun que mon cousin des arbres,
Je suis assez fréquent dans mes forêts du Nord,
Mais au mois de juillet, on pourrait nous croire morts,
Car nous ne trillons plus, nous taisons nos palabres.

C'est l'époque des nids et les jeunes nous occupent.

Nous avons trop à faire à nous faire nombreux,
Nos territoires alors ne valent pas une dispute.

Mais dès l'août, c'est l'automne qui envahit nos cieux.

Nos marmailles et nous-mêmes formons une dizaine,
Mais par un prompt renfort, nous serons une centaine
Sur les arbres qui portent des fruits pour les piller
Et sur le bord des pistes, quelquefois des milliers
Préparant le voyage qui nous entraîne loin,
Vers les hêtres plus au sud.
________________Nous serons des millions
Quand l'hiver fige en glace tout le septentrion
Et qu'il fait assez froid pour vous geler les mains.

Nous sommes venus vous voir quelquefois en hiver,
Pas toutes les années. J'en ignore la raison.
Nos voliers s'étendaient jusqu'au diable vauvert,
Du taillis des Pavots jusqu'à la Grand Maison.

Nous restions quelques jours et nous disparaissions,
Sans laisser d'autres traces que des plumes à foison
Qui jonchaient la litière au-dessous des dortoirs
Où nous nous abattions quand descendait le soir.

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