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Le pic vert (Picus viridis)


Comme une flèche verte, je traverse l'espace,
J'ondule comme la vague. En un instant, je passe
Et je me faufile entre les troncs des pommiers.

Je regrette beaucoup tous mes anciens vergers
Qui abritaient mes trous ainsi que des torcols.
Mais, je n'en vois plus guère. Les pratiques agricoles,
Les excès de lindane les ont exterminés,
Comme nous le seront tous et jusqu'au dernier.

Quand je chante, j'annonce qu'il va bientôt pleuvoir.
Et savez-vous pourquoi ?
________________Pourquoi c'est mon devoir
D'annoncer les crachins, les averses, les orages ?
Ça permet aux oiseaux qu'ils protègent leur plumage,
En cherchant un abri que les gouttes ne mouillent.
La pluie n'amuse que les petites grenouilles !

J'ai fait de longues études, surtout en linguistique.
Le mot le plus long est sûrement élastique.
Les Bretons, qui le parlent encore, m'appellent pil-coet,
Vous devinez pourquoi ou encore kazed-coet.
Pil, ça veut dire la pluie et kazed, la jument.

Voudraient-ils dire par là que mon chant hennissant
Les confond à ce point d'avec les postiers
Qu'on élève étalons, à Hennebont, (les derniers ?)
Dans des haras enclos par de très hauts murets,
Qui bordent le halage où passent des roquets.

J'aime à marcher par terre où vivent les fourmis
Qui construisent sous la terre de vastes colonies
Toutes remplies de larves délicieuses à souhait.

Vous devriez goûter tant elles sont sucrées.

J'ai une langue longue, sous mon crâne, enroulée.
Je m'en sers fort bien pour toutes les capturer,
Engluées de mucus, promptement avalées.
Elles me feront bien gras tout au long de l'année
Et mes petits bruyants très vite rassasiés
Qui savent aussi se taire quand du nid, approchez…

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