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C'est mon chant, sûrement, aux consonances de geai, Qui permet à coup sûr et de me repérer Et de me distinguer des pics bigarrés Qui vivent comme moi, dans les arbres, au sommet. Je suis le moins bruyant et même le moins remuant Des oiseaux de ces bois et je passe très souvent Pour rare et même absent. ___________________Je ne suis que discret. Il est vrai, cependant, que dans bien des contrées, Je manque absolument. Je n'en sais la raison. Un mystère plane encore sur ma distribution. Il me faut des grands arbres à l'écorce rugueuse, Des chênes principalement où vivent des tordeuses. Mais j'aime aussi les frênes des forêts ripariales, Les trembles ou bien les aulnes, là où les alluvions Nourrissent des fruits sucrés, seule agape hivernale, Quand l'insecte se fait rare dans l'alimentation. J'aime les rameaux tant qu'ils peuvent me porter. J'y mange les insectes qui viennent s'y poser. J'y demeure patiemment en y faisant le guet Et m'y repose souvent quand je suis fatigué. Il m'arrive parfois de fouiller les buissons Et même d'aller à terre quand j'en ai l'occasion, Pour picorer des fruits, des faines ou des glands Ou déterrer des larves pareilles à des vers blancs. Mon nid est installé sur un peuplier noir Que la foudre a frappé et fendu tout du long, Tout en haut, au sommet. Il faut faire attention Pour entendre mes petits pressés de me revoir Avec une bouchée de chenille dodue, Une grosse scolopendre qui ne m'avait pas vu, Qui pensait échapper à la mort, un instant, En se dissimulant dans le bois pourrissant. Ou bien de plus informes et surtout composées De ces petits insectes qui vivent sous les feuilles, Qu'habilement je chope, qu'adroitement je cueille, Ce serait là, en sorte, une spécialité Qui fait que j'ai ma niche et ne fais concurrence Ni au pic épeichette et ni, comme je le pense, Aux pics qui me ressemblent dont les spécialités Et les modes de vie les font se distinguer. C'est là, je crois, la raison de ma distribution. Si je manque par endroits, c'est qu'ils ne m'agréent pas. Les facteurs limitants, vous le savez, je crois, Jouent un rôle important pour les populations. Mais souvent le problème est de bien les connaître. Que savez-vous de ce qui se passe dans les hêtres ? Je vous vois mal pendu dans le bout des rameaux ! Vous êtes bien trop gros. Faudrait un escabeau, Une loupe puissante et de longues études En entomologie et en théologie. Les Dieux vous ont clonés en grande multitude… Pour apprendre si peu, vous faut toute une vie. Nous autres les oiseaux, nous savons tout de suite, Ce qu'il nous faut manger, ce qu'il faut qu'on évite… Vous croyez bien souvent que les Dieux vous ont fait, Bourrés, à leur image, de bonnes idées… Parfait ! Au dernier jour aussi, avec le fond du seau… Et vous les adorez, scotchés dans l'ignorance. Jamais n'imaginez qu'aussi les animaux Possèdent, comme vous, une grande intelligence.
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