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La physe des fontaines (Physa fontinalis)


Je vivais très heureuse du sort qui m'était fait
Dans l'eau d'une fontaine pas très loin du Blavet.
On y voyait là des mousses antipyrétiques,
Quelques tritons palmés et même des dytiques.

Et nous, bien entendu, qui jouions à glisser,
Sous la surface de l'eau, comme les mouches le font
Sur la surface des murs qu'on appelle des plafonds.
On en profite alors pour venir respirer.

C'était sans compter sur les immenses progrès,
Que ferait en dix ans l'agriculture moderne,
Auxquels résisteraient quelques vieilles badernes.
Mais PAC et subventions les feraient vite plier.

Les poules et les cochons devinrent industriels.
La production de merde fut partout démentielle.
Les nitrates libérés s'infiltrèrent dans les nappes
Et laissèrent des traces jusqu'au fond des hanaps.

Puis l'eau de ma fontaine fut déclarée impropre.
Des algues filamenteuses envahirent tout l'espace.
Ce devint un cloaque. Il fallut qu'on trépasse.

On le fit toutes ensemble en criant : - Vive l'Europe !


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