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La phragmite des joncs (Acrocephalus schœnobænus)


Je sais chaque brin d'herbe le long de mon fossé,
Chaque motte, chaque gerbe de joncs, de graminées.

Je m'y coule, je m'y glisse, j'en ressors un instant
Et d'un galeopsis, j'observe un court instant
Le monde du dehors et l'enfant qui m'observe,
Assis près de la berge auprès des boutons d'or.

J'alerte puisqu'il le faut, m'envole à ras de terre
Et rejoins mon repaire, un bouquet de roseaux.
Je grimpe jusqu'à l'épi et chante à tue-tête.
Je vous montre ma tête rayée et son sourcil.

Dans vos jeunes années, vous ignoriez mon nom.
Votre père nous disait " Passe rayée des joncs ".

J'ai niché juste au pied d'un poteau de clôture
Sur le bord du fossé qui ferme la pâture.
Mes petits sont partis sans qu'ils sachent voler,
Ne cessent de pépier et moi, je les nourris.
Puis le silence s'installe. Avons-nous disparu ?…
Sommes-nous invisibles et ni vus, ni connus ?

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