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Le phoque moine (Monachus monachus)



La plage est désertée. Enfin, on nous la rend.
Les baigneurs sont partis. Pour dire, il était temps.

Les eaux de la mer Noire pullulent de ligies
Qui nous pincent la peau et nous rendent la vie
Impossible dans l'eau dans laquelle on s'immerge,
Attendant patiemment qu'on nous rende nos berges.

Mais quand arrive le soir, le régime communiste
Ramasse dans ses hôtels, ses hordes de touristes.
Les mélanocéphales s'occupent des déchets,
Arpentant à grands pas, les sables pollués,
Qu'elles essaient de rendre aussi propres que possible…
Mais c'est une gageure, voire même c'est impossible.

En quelques reptations, nous sommes sur la dune.
Deux ou trois coups de gueule, chacun trouve sa place,
Enfin presque, car les jeunes, souvent, nous importunent
Et nous les mordrions, si nous n'étions de glace.

Nous pouvons, à loisir, nous gratter sous la panse,
Profiter du bien-être que le couchant dispense.

Car les ombres s'allongent et la nuit crépuscule.
Sous la voûte étoilée et sa maigre clarté,
Des sirènes s'amusent.

_________________Pourriez-vous en douter ?

Vous le raconterez sans crainte du ridicule.

Qu'importe que l'on vous croie, que vous affabuliez...

Nous aussi nous croisons des gnomes et des fées !

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