Mais Blanchon* arrivait du pays des Deux-mers
Où l’arche de Noé, ayant sauvé nos frères,
Accosta, à Tanger, après que la Grande Bleue
Se soit remplit soudain, lors d’un déluge affreux
Qui noya l’Atlantide, définitivement
Et qu’Hercule le coupe de l’Euromembrement...
Blanchon appartenait à la race des phoques,
Qu’on dit moine, sans doute, à cause de leur défroque.
Son chemin politique n’était pas qu’exemplaire
Et pouvait justifier qu’il puisse ne pas plaire
À tous ceux qui, par crainte, ou pire, par lâcheté,
S’étaient laissé corrompre, s’étaient laissé acheter.
L’important n’était plus qu’il jetât des pavés
Sur des chiens que la rage incitait à baver.
L’important n’était plus qu’il connût des pourris,
Grâce auxquels il put prendre une place au parti
Des bœufs, qui se disait de gauche et trahissait
Les bêtes, trop confiantes, et qui désespéraient.
L’important maintenant était qu’on l’attaquait,
De partout, quoi qu’il dise, ce n’étaient que méfaits,
Sinon troupeaupulisme, erreurs d’appréciation,
Oublis et mémoire courte, persiflage, dérision…
Ça voulait dire sans doute qu’on en avait la trouille !
Que tous les coups tordus vaudraient pour qu’il dérouille.
Boute-en-train**, du parti de Virus***, a l’air gauche.
Génisse
4*, qui est adroite, voudrait bien qu’il l’embauche
Pour mieux contrer Dorade
5*, libérale libérée
Proche des chèvres au lait cru et coiffées d’un béret.
Tous s’indignent que Blanchon ait quitté leur cocon
Et fasse sa pelote, leur laissant le coton.
À ce stade de l’histoire, le chroniqueur hésite.
Le message qu’il entend est plein de parasites.
La pensée de Blanchon s’ajuste avec le temps.
Le monde est trop complexe que des revirements
Ne soient pas nécessaires pour plus de cohérence.
Rien n’est figé hormis les petits pas de danse
Des valses hésitation qu’on nous sert constamment,
Bourrées des certitudes, des dogmes, des commandements,
Pour lesquels il importe que les peuples se soumettent
Pour leur bien et celui des élus qui s’en mettent
Plein les poches qui débordent, gonflant leur patrimoine.
Le discours est plaisant qui vient du phoque moine…
Généreux, bien souvent et même s’il s’effiloche,
Il met les pieds dans l’auge et les grosses galoches.
Les peuples oubliés reprendraient-ils espoir ?
Comprendraient-ils enfin qu’ils peuvent tourner l’histoire,
Qu’ils peuvent virer ceux-là qui les tiennent à genoux
À mâcher l’ensilage mélangé à la boue ?
N’ayant ni Dieux, ni maîtres, ni carte d’électeur,
Je ne puis rien faire d’autre que donner au lecteur
Quelques lignes à lire, peut-être à méditer.
Et si l’envie lui prend, sauf cas de surdité,
De les lire à voix haute et même de les crier,
Je saurai, juste à temps, remplir mes encriers.
24 décembre 2010 /
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