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Le pholque vibrant (Pholcus phalangioides)


Je n'ai jamais compris pourquoi vous n'aimiez pas
Les toiles que je tisse juste au ras du plafond
Pour vous débarrasser des mouches, des cancrelats,
Tous vecteurs de myases ou bien d'émanations.

Vous ne les sentez pas… C'est, bien là, la raison
Que vous les tolérez quand bien même elles se posent
Sur la table, sur le pain, le beurre ou le jambon…
Qui, si vous leur laissez, rapidement nécrosent !

J'admets bien volontiers que mes toiles se salissent.
La faute vous en incombe. Passez l'aspirateur
Plus souvent, vous verrez que si je les retisse,
Mes fils immaculés le resteront des heures.

Mais surtout prenez soin de ne pas m'aspirer.
Car j'aurais beau vibrer, trépigner et piaffer,
Le souffle ouraganesque m'enverra tôt rejoindre
Les poussières d'acariens. J'ai des raisons de craindre.


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