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Je me suis installée sur les gorges de la Jonte, Sur le causse, en surplomb, près du chemin qui longe Un petit bois de pins que, sans la moindre honte, Des chenilles urticantes broutent, croquent et rongent. Je ne me montre guère, cachée dans un buisson Qui couvre tout le pied d'un calvaire dont le christ Ne tient que par un clou et fait l'équilibriste… Va se casser la gueule s'il joue ainsi au con ! Que je me cache ou non, vous aurez remarqué Que mon dessous tout blanc, quasi immaculé, Me fait vite repérer. L'immobilisation Compense le mimétisme. __________________Défaut de conception ? Vous n'êtes pas d'accord ?… _______________________Mon côté bariolé Dans l'ombre et la lumière me cache parfaitement ! Vous le dites, je vous crois. ___________________J'en userai souvent Pour guetter des insectes, papillons et criquets. Dans les dompte-venin et les polygalas, Ils sont assez nombreux pour nourrir ma famille, Maintenant dispersée dans les basses charmilles Qui bordent le canyon… vraiment profond, n'est-ce pas ! Je chasse souvent à terre, mais il arrive aussi Que je monte dans le ciel vers un bourdon qui fuit. Mais ces insectes piquent, aussi je me méfie Et me défais du dard, sitôt fait, sitôt pris. Sur les murets de pierre, abondent des lézards Qui me feront bien grasse, car bientôt mon départ Pour les steppes africaines, approche… Fin juillet, J'aurai fait mes valises et bouclé mes paquets.
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