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Avez-vous remarqué que les lieux isolés, Abritent des bêtes moins farouches souvent Que bien de leurs parents plus habitués aux gens ? Y aurait-il relation entre cause et effet ? Ainsi, rappelez-vous, il faisait presque chaud Juste au bord du Glacial. Sur ma dune, sur le sable Couraient quelques insectes qui viendraient à ma table Décorée d'ophioglosses, de quelques panicauts, Et d'orchidées aussi, certes, bien modestes. Mais, vous rendez-vous compte de notre latitude. Le pôle n'est pas loin et à son habitude, Nous enverra bientôt l'occasion pour la veste De retrouver sa place au chaud sur vos épaules. J'avais construit mon nid juste au pied d'un rocher, L'avais à peine caché dans quelques graminées Dans une dépression où déprimaient des saules. Á l'heure où la marée inverse le cours de l'onde, Découvre les oursins les plus violets du monde, Vous aviez essayé de prendre quelques poissons Pour vous faire un dîner qui vous change du thon En miettes ou du pâté fabriqué à mille lieues Á base de jambon à l'origine breton. Vous aviez réussi à prendre quelques lieus, Á en cuire quelques-uns. Je crois, ça sentait bon Et ceux qui vous restaient, vous les aviez rangés Sous votre abri de toile où un renard polaire, Attiré par l'odeur, viendrait vous les piquer Et fuir en d'autres lieux. Vous l'aviez laisser faire Et presque apprivoisé, c'eût été une erreur. Vous n'êtes pas un prince tombé de sa planète. Ici, pas de serpent qui vous pique et vous meurt, Comme prix à payer d'en faire qu'à votre tête. Pendant tout ce temps là, vous m'aviez observé Nourrir de becquetées, sans presque me cacher, Mes poussins déjà grands et qui allaient sortir Se cacher dans les herbes avant que le soleil Ne plonge sur l'océan, joue à y rebondir, Remonte dans le ciel, enlève du sommeil L'envie qui pesait lourd et fermait vos paupières. Quand l'ombre est au plus long tout au long de la côte, Pour devenir l'oiseau dont parlent les Argonautes, Plus grand que l'oiseau roc, je grimpe sur une pierre. Mon ombre s'étend si loin qu'alors elle me fait peur. Alors, je m'envole pour revenir dans l'heure.
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