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Vraiment votre insistance, sachez-le, me déplaît. Je me cache de mon mieux pourtant vous persistez Á vouloir m'approcher pour me voir de plus près Et m'éloignez encore de mes postes de guet D'où je plonge soudain sur les gros scarabées, Les sauterelles vertes, les cicindèles bronzées, Les papillons folâtres ou les bourdons pressés, Les lézards, les grenouilles ou les oiseaux blessés Que j'écorche promptement et empale souvent Sur ce qui pique, transperce, troue, perfore ou taraude. Ça me sert de fourchette pour manger proprement. Je n'aime pas du tout passer pour une ribaude. Si au moins vous preniez la peine de vous cacher, Je pourrais vous montrer comment je sais chasser Ou vous faire écouter mes talents de chanteur. Mais vous voir me met de bien fort méchante humeur. C'est également vrai quand un rapace passe. Je siffle pour avertir et attaque aussitôt. Il doit fuir au plus vite ou alors il trépasse Qu'il soit buse, émouchet ou busard des roseaux. J'aime mon territoire : des taillis sous futaies Que bordent des accrues juste au bord des saulaies Qui s'ouvrent sur des jonchaies et des friches graminées Et des fils électriques pour pouvoir m'y poser ; Assez de prunelliers pour disposer d'épines, Un mûrier centenaire pour y cacher mon nid, Beaucoup de solitude, je n'aime pas qu'on m'ennuie, Et une gentille femelle que le sexe turlupine. Et si ça intéresse, dîtes donc aussi À ceux qui font parfois de l'ornithologie, Afin que la surprise ne leur bloque le cœur Que je vis jusqu'à la presqu'île de Varanger. Un thalweg me convient ou une dépression À la condition qu'elle abrite quelques buissons D'où je guette et j'affûte un lemming campagnol Qui se montre aussitôt et je le plaque au sol. Et si comme sur Nordking, les buissons sont très rares, Vous m'y verrez aussi, sans que ce soit bizarre. On y a installé des fils électriques Pour moi seule, tout le long, de la piste chaotique.
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