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Bientôt j'aurai trente ans, cinquante, davantage ? Puisque je vis mon temps, tous les temps de mes âges Sur le même roncier où je niche, d'où je chasse Les insectes qui passent à portée de gosier. Chaque année que Dieu fasse, juste au pied de ces dunes Qui, bien que le temps passe, demeurent inchangées Comme face de lune… je suis là à guetter La croissance des carottes qui finissent en bottes Ou les lapins qui crottent, l'œdicnème qui poireaute, Le pluvier qui gravelotte, le busard qui vivote De souris, de linottes, de mésanges à bigotes Et l'été, les roulottes où vivent sans culottes Des nudistes qui grelottent, les pêcheurs sur leurs yachts Qui jouent à la belote, qui pêchent à l'échalote Pour prendre des baudroies… Si la rime vous déçoit, je vous envoie aux plottes ! Je ne perds jamais rien du spectacle quotidien Que m'offre la nature ou bien les militaires, Qui tirent au canon des obus dans la terre… Je les trouve vraiment cons… Serait-ce dans leur nature ?
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