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La fauvette passerinette (Sylvia cantillans)


Vous arrivez au poil : ma garrigue est fleurie.

Voyez tous mes iris et aussi mes narcisses,
Mes aulx, mes hellébores et mes ornithogales.
Déjà, il fait bien chaud et sur le digital,
S'affichent vingt Celsius, même s'il n'en fait que six
Quand le soleil se cache durant toute la nuit.

Si la garrigue est riche de plantes de toutes sortes,
Les bêtes qui se mangent en armure de chitine,
(Comment les appelez-vous déjà ? Des insectes !)
Eh bien ! ils sont plus rares que ne le sont les sectes.
C'est l'unique raison qui fait que je m'esquine
À fouiller les kermès pour trouver des cloportes.

Ils ne sont pas insectes ? Ce sont des crustacés,
Comme les scolopendres qui sont des myriapodes !
Mais dîtes, les araignées sont bien des arachnides
Puisqu'elles font des cocons comme les chrysalides ?
Je reconnais aussi tous les gastéropodes
Puisqu'ils ont mille pattes à peine espacées.

Que m'importe leur nom, car je les gastronome.
Je prends ceux que je peux et même les cantharides.
Quand j'en abuse un peu, je fais le papillon
Et je chante à tue-tête au-dessus des buissons.
Ma femelle, qui m'observe, croît que de ses hormones,
Je m'occupe et bientôt, les épuise et les vide.

Il paraît que je suis de toutes les fauvettes,
Une des plus jolies et que je gagnerais
Á mieux soigner encore ma communication.

On dit : je suis farouche ! Est-ce ma vocation ?
Est-ce qu'en dehors des mines, on extrait le minerai ?
En dehors des buissons, je ne trouve pas une miette !
Je ne me cache pas, je chasse où sont mes proies
Je me fouts comme d'une guigne de tous ceux qui m'observent.
D'autant qu'aucun d'eux ne m'apporte des conserves !

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