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Le paon du jour (Inachis io)



J'aime bien les nitrates grâce auxquels les orties
Poussent serrées sur les alluvions que déposent
Les crues des fleuves gonflés par l'eau des fortes pluies,
Quand les vents sont à l'ouest et les nimbus arrosent.

Car, alors, je peux pondre et voir enfin éclore,
Mes douzaines de chenilles urticantes et grégaires,
Auxquelles, un beau matin, quand pointera l'aurore,
Leur pousseront des ailes afin qu'elles prennent l'air.

Voyez comme elles sont belles avec leurs quatre ocelles.
Elles nous transporteront sur quelques poires blettes,
Les fleurs de buddleia quand elles nous sont offertes
Comme dans votre jardin où elles sont ribambelles.

Et quand viendra l'automne, par la fenêtre ouverte
De la chambre à l'étage, j'y viendrai hiberner.
Ma présence, je l'avoue, en nombre, déconcerte.
La femme de ménage qui voudrait nous chasser
Et davantage encore puisque vous lui direz :
De bien faire attention, ne pas nous déranger.

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