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Dans ma jungle de roseaux, vraiment impénétrable, Bien que je sois commune, vous ne m'y verrez guère, Sauf de loin, un instant, quand je viens aux lisières, Saisir une proie dans les carottes de sable ; Ou bien me baigner dans les flaques du chemin Qui traverse les phragmites qui couvrent les lagunes Qui capturent les eaux qui s'écoulent des dunes Qui protègent des vents qui portent les embruns ; Ou encore me poudrer dans les poussières fines Déposées par le vent, légères comme farine. S'il m'arrive par moments d'escalader les tiges Des roseaux, de m'y pendre, d'y faire des voltiges, Mon domaine est au sol, le fouillis des rhizomes, Entre les touradons des carex panicules, Sur les vases mouillées où des animalcules Assurent ma provende au sein de ce royaume. Quelquefois il m'arrive d'apprécier les graines… Quand l'hiver est froid, ce qui arrive rarement, Quelques jours seulement, sinon le Morbihan Ne nous connaîtrait pas comme espèce indigène. Ce qui serait dommage, car sans immodestie, Je suis, des passereaux, sûrement le plus beau... Mes belles moustaches noires, mes flancs roux, mon dos gris, Mon bec jaune orangé. Je n'ai aucun défaut. J'ai vraiment tout pour plaire, pourtant je vis caché. Avec toute ma troupe, nous gardons nos secrets. Quand bien même je suis beau, je reste très prudent Préférant de loin qu'on ne me voie pas souvent.
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