®
L'outarde barbue (Otis tarda)


Des herbes jaunissant recouvrent d'un manteau
Le mol ondulement de l'ibère plateau
Qui s'étale jusqu'au loin et s'égare soudain
Dans le relief bleuté des sierras morénées.

Une perdrix cacabe, se cache au fossé
Où l'argile assoiffée s'assèche fissurée.

Le soleil est rougi. Il est à peine midi.
Mais les vents tourbillons arrachent aux sillons
La poussière ochracée qui s'envole et se perd
Jusqu'à la troposphère qu'en est toute encrassée.

Une tour mozarabe se retient de tomber
Sur les écots de blés qu'on a décapités.

J'ébouriffe mes plumes et blanche comme l'ange,
Je suis à ma pariade. Je n'ai rien vu venir…
Je m'approche quand même, dussé-je en mourir,
Car j'intrigue fortement. Quelque chose me dérange…
Je marche doucement. Une femelle me suit.

Elle picore çà et là. Je m'arrête comme saisi,
Puis sans vous avertir, Je me mets à courir.
J'enlève sans effort tout le poids de mon corps
En battements puissants qui m'emmènent en l'instant
Et ma troupe qui me suit, plus loin que l'infini.

*