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La rivière, où je vis, assure la liaison Entre deux lacs perdus sous les épicéas Sous lesquels vous aviez installé vos bardas Et luttiez pour le mieux, pour garder la raison. Les moustiques trop nombreux faisaient péter vos plombs… Et tous les écraser, vous n'y arriviez pas ! Pour comble, à force de vivre sans mesurer le temps, Vous aviez oublié que tous les Scandinaves Fermaient boutique tôt, dès vendredi midi. Plus de pain, plus de nouilles, … ce n'est pas le plus grave. Mais rien à boire non plus, c'est bien plus embêtant… Sauf à boire du café, ne plus dormir la nuit ! Mais vous aviez vos cannes et des petites cuillers… Et comme vous étiez bon, je fis vite les frais De votre imprévoyance et connus avant l'heure, L'oxygène de l'air, la poêle et puis le beurre, Le couteau, la fourchette, qui déchirent mes chairs Lesquelles a goût de thym lorsque je suis bien frais. __ Je vous demande pardon. Je vous ai remercié De m'avoir évité l'Affre de la famine. Je n'ai, certes, pas dit le bénédicité En roulant vos filets dans un peu de farine. Je l'ai fait (comment dire), à la manière bushmen, Mongole, esquimaude, navajotte, hottentote, En un mot animiste, ce qui revient au même. Je n'aime parmi les Dieux que ceux qui me tripotent. Et le dieu des chrétiens n'aime pas les pêcheurs Et je le lui rends bien. Il fait bien des malheurs Aux bêtes dont il prétend qu'il les aurait créées, Que je sache sans âme, péché originel, Laissées sans défenses face à la méchanceté De l'homme qu'il a raté et qui fout son bordel ! __
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