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L'oie rieuse (Anser albifrons)



C'est là le paradoxe ! Je suis de toutes les oies,
La plus facile, de loin, à bien identifier :
Le tour du bec tout blanc, de l'orange sur les doigts
Et du noir sur le ventre. Pourriez-vous vous tromper ?

Et je suis moins farouche que mes autres cousines
Plus difficiles, entre elles, à bien les distinguer.
Je me laisse approcher, quelquefois de fort près,
Ce qui vous laisse le temps d'admirer ma bonne mine.

Il est vrai que je viens des contrées sibériennes.
La main de l'homme y gèle en y mettant les pieds.
Pardonnez cette saillie, sans doute déjà ancienne…
Puisqu'on me dit rieuse, je dois le justifier.

Vous l'avez remarqué, les oiseaux et les bêtes
Qui ont une fourrure, une petite tête,
Hum... Rappelez-moi leur nom...
___________________Bien sûr ! Les mammifères…
Quand ils vivent où les hommes n'ont pas de pied-à-terre,
Ne développent pas de peurs ataviques
De l'homme qui se comporte, envers eux, en bourrique.

Quand nous passons en V, en criant à tue tête...
Pour dire cette beauté empreinte d'émotion,
Possédez-vous un mot ou mieux une épithète,
Ou se peut-il que l'homme souffre de commotion ?

Je donne aux paysages dans lesquels j'évolue
Une dimension rare et pourtant on me tue,
Quand on peut, quand je viens pour mon congé nival.

Le gène de la chasse est-il congénital ?

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