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L'oie naine (Anser erythropus)



Vous cherchiez, il me semble, le beau pluvier guignard,
Sur la toundra pelée, encore toute gelée
D'une pente montagneuse... Je me suis envolée
De mon nid sur lequel je reviendrai plus tard.

Je vous remercie de ne l'avoir pas cherché.
Si vous l'aviez trouvé, je l'aurais délaissé.
Vous avez bien mieux fait d'attendre et vous cacher.
Du haut du ciel, je ne vous ai pas repéré.

Je me pose sur les pattes et garde les ailes au ciel,
Relevées et tendues pour saluer le soleil,
En courant, en tournant sur moi-même longuement.
Je me pose sur mes œufs, définitivement.

Je ne vous ai pas vu quand vous êtes reparti.
Vous vous êtes évanoui et le fîtes sans bruit.
Pour me voir cet hiver, mais je n'ai guère d'espoir,
Il vous faudrait aller au bord de la mer Noire.

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