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La niverolle des Alpes (Montifringilla nivalis)


Ce n'est pourtant pas faute de m'avoir recherchée
Dans les Alpes, les Balkans ou bien les Pyrénées,
Sur les plus hauts sommets, de roches et de toundra
Et paradoxalement, je ne me montrai pas.

Ce qui fait que moi-même, je ne vous connais pas
Et ce depuis combien ? Quarante ans de recherches…
Partout où j'aurais pu, un jour, croiser vos pas,
Comme j'aperçois des hommes qui jamais ne me cherchent.

Ou vous êtes maudit, à moins que le hasard
Ait voulu que nos yeux ne croisent nos regards.

Sans être très commune, je ne suis pas si rare,
Pas tant que, par exemple, le beau pluvier guignard
Qui fréquente aussi, comme moi, la montagne
Et ses plus hauts sommets où vous l'avez trouvé,
Plusieurs fois, à tel point… (Que les Dieux en témoignent…)
Qu'il vous est difficile de croire qu'il disparaît.

Mais si toutes vos quêtes n'ont pas eu de succès,
Elles vous auront laissé de très beaux souvenirs,
Des images d'espaces d'infinie liberté,
(Si vous fermez les yeux), qui viennent vous assaillir
Et vous faire voyager, plus vite que la lumière,
D'un bout à l'autre des coins de la planète Terre,
Ceux que vous avez vus, quand vous vous endormez,
Qui reviennent aux paupières et vous refont rêver.

J'espère cependant que nous pourrons nous voir
Avant que le grand âge vous envoie aux mouroirs
Dans lesquels on enferme les hommes devenus vieux,
Á moins qu'ils ne choisissent de rejoindre les Dieux...

Alors venez mourir en haut de nos alpages.
Je dirai aux chocards de vous manger les yeux
Et de les promener sur tous nos pâturages,
Profiter pour toujours des oiseaux sous les cieux.

*