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Je vis bien volontiers dans les milieux lentiques Qui forment les eaux calmes où croissent les lentilles Mais ce que l'on sait moins, c'est que les eaux lotiques Me plaisent pareillement quand les courants tortillent Les hampes des renoncules dans lesquelles je m'accroche En priant les Naïades que l'eau ne me décroche, Car sinon je me noie et je suis emportée Du lacis végétal où mon garde-manger Se gardera de me suivre dans le courant... Trop content, pour une fois, qu'il soit assez violent. Mais lorsque je m'accroche, c'est pays de cocagne : Des insectes variés, des petites anguilles, Des vers hirudinées, des poissons comme godaille, Qui se cachent dans les herbes comme le font les aiguilles J'ai l'embarras du choix. Je ne suis pas gourmande. Un tout petit poisson me fait une semaine. Toutefois, je n'ai pas vu la bouche du chevaine. La mort m'a rattrapée. C'est elle qui commande.
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