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Voilà bien les marmottes. J'arrive discrètement. Elles sifflent leur colère et le dérangement Qu'elles disent que je ferais, me posant sur la pierre Que, depuis des années, irrémédiablement Elles usent patiemment ou griffent longuement Puisqu'elles veulent éroder le col de Pahlières. Il y pleut bien assez. Voyez monter l'orage. Je veux bien parier un duvet de mon plumage Qu'une heure n'aura passé, que vous serez trempé. Je nourris mes enfants et vite, je disparais. Je vais là-bas, en face, au-dessous de l'alpage (Pyrénéage, sans doute, conviendrait mieux, je sais). C'est mon domaine de chasse, toujours ensoleillé. Il me faut des cailloux, des blocs et des calcaires, Les granits me conviennent, les moraines des glaciers… Pourvu que je trouve quand ils marchent sur la terre De criquets dodus verts, des mantes solitaires, De gros coléoptères, des vers, des araignées, Que vite je capture. J'appelle mes enfants Qui viennent en se pressant, les ailes frémissant Et la queue étalée, comme s'ils étaient femelles, Quand l'amour les ravages et que je suis fou d'elles Au point de parader, du matin au couchant, En vol de papillon et saut de sauterelle. Je suis beau, coloré. Ma toilette est superbe ! Pourtant je me dérobe. Ici le pèlerin N'est pas très catholique. __________________Il me ferait défunt Et rejoindre aussitôt celui qui se dit verbe.
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